Jan 192022

Les différentes étapes de l’élaboration d’une planche de BD

Les différentes étapes de l’élaboration d’une planche de BD

Ce sujet fait partie des questions qu’on me pose souvent : quelles sont les différentes étapes de la création d’une planche de BD ? Qui commence : Le scénariste ou le dessinateur ? Je vais essayer dans cet article de dresser rapidement les principales étapes, sachant que j’essaierai, d’ici quelques temps, d’écrire un article spécifique pour chacune de ces phases.

Pour illustrer la méthodologie mise en place (qui, je pense, est assez commune à de nombreuses BD), j’ai pris comme exemple la création d’un planche de Voogle, la bande dessinée que je scénariste (et que dessine Gregory Lange) dans Pif.

Synopsis et Scénario

Alors, au début, il y a l’idée, bien sûr. J’en reparlerai dans un futur article. Ensuite, le scénario. Il est parfois possible de passer par une étape de synopsis (un scénario simplifié qui propose un résumé du contenu de la planche), mais dans le cadre d’une planche/gag unique, je trouve que c’est un peu inutile (le synopsis, en revanche, est très intéressant – voire primordial – sur des histoires au long cours, en 10, 20 ou 44 planches, et donc pour un album complet dans ce cas, mais j’en reparlerai dans un prochain article), et je passe directement au scénario.

Voici donc le scénario de la planche de Voogle qui est passée dans le Pif N°3 : à gauche, le découpage case par case avec le descriptif du contenu, et à droite les dialogues et textes de chaque case. Je n’ai rien inventé, j’applique tout simplement la redoutable « méthode Goscinny », puisque c’est ainsi que le célèbre scénariste concevait ses scénarios :

Scénario de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par votre serviteur

StoryBoard

Ensuite, j’envoie ce scénario à Grégory pour qu »il me dise ce qu’il en pense. Si ça lui convient (ou après avoir éventuellement modifié certains points suite à notre discussion), Grégory en fait le plus souvent un storyboard, soit une sorte de brouillon servant à placer les cases, les personnages, etc. Bref, à avoir une vision d’ensemble de la page sans entrer dans les détails :

Storyboard de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par Grégory Lange

Crayonnés

Sur la base du storyboard (à noter qu’on discute ensemble à toutes les étapes avec Grégory pour obtenir à chaque fois un résultat qui nous plaise à 100% à tous les deux), le dessinateur va réaliser un crayonné qui commence à mieux finaliser les traits des personnages, des décors, des bulles (phylactères), etc. :

Crayonné de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par Grégory Lange

Encrage

Et lorsque le crayonné semble sympa à tout le monde, c’est la phase d’encrage qui entre en ligne de compte. Chaque trait est donc réalisé à l’encre de chine, le tout en noir et blanc :

Encrage de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par Grégory Lange

Colorisation

Puis, la mise en couleur (sous Photoshop) est faite par Grégory :

Colorisation de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par Grégory Lange

Lettrage

Et enfin la touche finale, le lettrage, toujours sous Photoshop (dans notre cas, c’est moi qui m’en charge) :

Lettrage de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par votre serviteur

Et c’est bon !

Il ne reste plus qu’à rajouter le titre d l’histoire et c’est bon ! On peut l’envoyer à Pif pour publication ! Elle est pas belle la vie ? 🙂

Ajout du titre et finalisation de « Une histoire Qanon ! » pour Pif N°3 par Grégory Lange

Comme je vous le disais au début, j’aurai l’occasion, dans les semaines qui viennent, de revenir en détail sur toutes ces étapes. À très bientôt !

Reader Comments

  1. Il reste ensuite beaucoup de travail, envoi des planches chez le photograveur qui fera la séparation texte/trait/couleur puis la numérisation le texte et trait en 1200 dpi, la coul souvent en 600 puis le travail de retouche, faire les blancs, enlever les pétouilles, appliquer des courbes Photoshop si nécessaire, etc… et enregistrer le tout pour envoi chez l’imprimeur. Imprimeur qui devra impérativement respecter les Cromalin du photograveur et n’imprimera qu’après un BAT signé par l’auteur ou l’éditeur. Une fois tout ce travail accompli, le massicotier coupera les feuilles de travers et tout sera à recommencer…

    1. Ah oui c’est sûr ! Je me suis volontairement limité dans cet article à la période de « création » de la planche et de l’histoire en elle-même, mais il reste encore effectivement de muuuuuultiples étapes ensuite, surtout pour une impression papier ! 🙂

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